TRICK-OR-TRICK
Exposition personnelle
Trick-or-Trick est une exposition personnelle conçue comme une réflexion ironique et lucide sur l’expérience migratoire contemporaine.
En détournant la formule traditionnelle Trick-or-Treat, le titre suggère une situation dans laquelle la promesse de la récompense disparaît : dans une position d’exil, de précarité et d’adaptation permanente, il ne reste souvent que le trick — le détour, l’invention, l’humour comme stratégie de survie et de maintien de soi.
L’exposition interroge la manière dont l’imaginaire festif, et en particulier Halloween, peut devenir un langage permettant de parler de vulnérabilité, de perte de repères et de reconstruction identitaire, sans pathos, mais avec distance et autodérision.

Pensée comme un récit spatial, Trick-or-Trick articule différents projets et médiums au sein d’un parcours immersif, dans lequel les œuvres dialoguent entre elles et avec le spectateur, transformant l’exposition en un espace de narration partagée.
Dispositif d’exposition et médiation avec le public

L’exposition a été conçue comme un parcours immersif articulant œuvres, espace et participation du public.
Les œuvres inspirées du format des reels Instagram — des peintures réalisées à partir de compositions et de références numériques — étaient présentées dans une petite pièce séparée par un rideau. Une signalétique invitant explicitement à « entrer dans Instagram » matérialisait le passage symbolique entre l’espace numérique et l’espace physique.
Des dispositifs de médiation accompagnaient le parcours : des livrets imprimés permettant de lire les récits liés aux artefacts exposés, ainsi que des QR codes donnant accès aux textes en ligne.
Une zone photographique faisait partie intégrante de l’exposition. Des rideaux, des étoiles et l’inscription Immigrant at a Halloween party: invitaient les visiteurs à se mettre en scène à l’aide de panneaux en forme de bulles de texte, transformant l’auto-représentation en geste performatif et collectif.
Dispositif d’exposition et médiation avec le public
Certaines illustrations issues du projet Vukovica ont été adaptées en tatouages temporaires, réalisés directement sur les visiteurs, explorant le lien entre langage, image et corps.

Les zones d’activités (ateliers, tatouages) étaient signalées par des panneaux en forme de stèles funéraires, reprenant l’esthétique de l’exposition et transformant la signalétique en élément narratif à part entière.
Ainsi, Trick-or-Trick se déploie comme un espace vivant, dans lequel le visiteur devient acteur d’un récit partagé, entre humour noir, fragilité et réinvention de soi.

L’exposition proposait également des formats participatifs. Des ateliers permettaient aux visiteurs de réaliser une fraise en papier — collerette inspirée des personnages de l’exposition. L’artiste portait elle-même une fraise textile, inscrivant son propre corps dans le dispositif. Des fraises en tissu, réalisées en collaboration avec une artisane invitée, prolongeaient cette expérience au-delà de l’espace d’exposition.